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Je regarde toute cette fausseté et ces fourberies. Je me demande de quelle façon je pourrai échapper au fatalisme : celui auquel nous sommes tous voués, celui qui fait de nous des victimes. Certaines destinées sont inévitables, d'autres le sont moins. Je crains l'avenir, je crains ce sort qu'il nous réserve à tous ; je crains la méchanceté gratuite et je crains encore plus la souffrance. Je crains, mais je n'ai pas peur, parce que dans mon fort intérieur, quelque chose me dit que le bonheur est un état instable, nuancé par des souffrances plus ou moins intenses. Quelque chose me dit que l'angoisse, l'inquiétude sont inéluctablement liées à notre existence. « On doit s'y faire ». Le problème est que j'ai, résolument choisi de ne pas « m'y faire ». Je préfère lutter, plutôt que d'intégrer de façon presque machinale, plutôt que d'accepter tout cela sans rien dire. Et pour preuve, je n'arrive pas à me faire à tous ces gens qui éprouvent le besoin presque naturel voire biologique de détruire tout ce qui les entoure. Je n'arrive pas à comprendre ceux qui peuvent aimer deux mois intensivement, et tout laisser tomber sous prétexte qu'ils « n'ont plus envie ». Les fatalistes auront vite fait de répondre : « Ainsi va la vie. ». Mais ces gens-là doivent aller se faire foutre parce que c'est le genre de phrases dénuées de sens ; c'est le genre de slogans qu'adoptent les faibles, ceux qui se résignent à tout va aux faits accomplis ; c'est le genre de débilités que te sortent ceux qui ne t'écoutent pas ; c'est le genre de discours que te tiendront ceux qui s'en battent les couilles, au fond. Je n'arrive pas à taire certaines réalités que tout le monde essaye d'occulter par quelques moyens. Je n'arrive pas à expliquer ce besoin d'expérimenter sur les autres, de les mettre à l'épreuve comme s'ils étaient réduits au simple statut de « choses ». Barbie & Ken en sont un bon exemple, on peut les habiller, les foutre à poil comme on veut, on peut leur faire dire tout ce qu'on veut, leur casser un bras, une jambe, leur couper ou éventuellement leur arracher les cheveux, on peut leur crever un ½il si ça nous chante, ou encore les décapiter. A la différence de Barbie et Ken, nos alter ego réagissent à toutes ces « expérimentations ». Nouvelle assez réjouissante me direz-vous, parce qu'à ce qu'il paraît, c'est plus plaisant de lire la souffrance plutôt que l'indifférence sur un visage. Je ne peux pas croire que lorsque tu m'as devant toi, tu espères provoquer de la tristesse, du chagrin, du désarroi. Je ne peux pas croire qu'avec tout ce que j'ai pu te dévoiler sur moi, tu aies des paroles si destructrices. Je ne peux pas croire que tu te serves de mes faiblesses pour en faire ta propre jouissance. Je ne peux pas croire que tu penses me mentir en te disant « Elle ne le saura jamais. ». Je ne peux pas supporter tes « Je t'aime », tes « Tu es remarquable » qui ne veulent rien dire. Je ne peux pas blairer cette façon que tu as de me critiquer, et de venir me sucer le cul après tout ça. Je haie cette façon que tu as de prétendre m'aimer, & de ne pas savoir prendre parti quand il le faudrait. Je déteste ton flow, parce qu'il n'y a que de la merde dans ce que tu déblatères. Je dégueule sur ta naïveté, ta fierté, ton égoïsme, ton hypocrisie, ta mythomanie. Je dégueule sur la merde que tu as dans les yeux, sur ton incapacité à te ressaisir, à te concentrer sur ce que tu ressens vraiment & non pas sur ce que « les autres » racontent. Je méprise ta vanité, ton avarice, ta misanthropie, ton imbécillité. Je te regarde de haut en bas, toi qui prétend aimer, comprendre, ressentir, et qui en réalité, n'aimes pas, ne comprends et ne ressens rien. Je te dénigre, pour tout ce que tu as pu me dire, pour tous ces espoirs que tu as crée en moi, et que tu as transformé en désillusions. Je te maudis, toi qui as dit vouloir tout faire pour me rendre heureuse, et qui aujourd'hui es la cause de quelques malheurs qui soient. Je ne veux plus t'écouter, toi qui as toujours eu de bons conseils à donner aux autres, tellement bons que toi-même tu n'as jamais pris la peine de les appliquer. Je veux que tu disparaisses de ma vie, toi et tes paroles éphémères, toi et ta fausse dignité, toi et ta fausse franchise, toi et ta fausse valeur... Ce dont je rêve, c'est de relations humaines réciproques. La réciprocité représente un des aspects de la perfection, de ma perfection. Qui sait, j'ai peut-être déjà réalisé ce rêve dans un sens...
TOI, ELLE, LUI, NOUS, VOUS, ILS, ELLES.